Interview Alsace Running après l’Ultra Trail de Munster

Une belle surprise de voir Alsace Running me proposer une interview post Ultra Trail de Munster.

Ci-dessous, celle-ci en intégralité:

Tout sur le Munster Trail … Philippe Donischal, coureur du Munster Trail 80km 2020, répond à nos questions sur la course ! [photo de http://www.alsace-en-courant.com ]

🎤Alsace Running: Les conditions météorologiques étaient annoncées compliquées, comment ça c’est concrétisé sur les sentiers?

🏃🏻‍♂️Philippe: Ce qui était annoncé s’est révélé exact … ! Dès le départ la pluie s’est intensifiée pour ne plus s’arrêter durant quelques heures. Je ne pourrais plus te dire à quel moment elle s’est calmée car une fois concentré sur la course je ne fais plus attention à ses éléments, j’ai juste ressenti un coup de chaud sur la fin lorsque le soleil a fait une timide apparition ce qui m’a permis de terminer en t-shirt.

🎤Alsace Running: Quels ont été tes impressions sur le parcours?

🏃🏻‍♂️Philippe: C’est la 3ème année que je participe à l’ultra du Munster Trail, et c’est toujours un plaisir de fouler ce parcours très varié. Il y a du très technique avec de nombreuses racines et cailloux, de bonnes grimpettes dont une que tout le monde redoute mais aussi du roulant ou la vitesse compte sur le chrono final. Il faut donc être très complet. Les bénévoles très sympathiques se donnent également à fond pour mettre de l’ambiance et nous apporter un peu de chaleur, ce qui apporte un petit plus non négligeable vu les conditions météo.

🎤Alsace Running: Tu finis à une belle place, comment t’étais-tu préparé?

🏃🏻‍♂️Philippe: Petite parenthèse, même si cela fait toujours plaisir pour son égo, je ne me focalise pas sur la place scratch ou catégorie mais plutôt sur les différences de chronos avec les athlètes que je connais et côtoie régulièrement sur les courses. Mes vrais repères sont eux et me permettent de me jauger. Il est facile de faire une bonne place scratch si le plateau manque de niveau et inversement. Après avoir fait un RAZ sur de nombreux paramètres de ma vie en général depuis 2 ans, j’avais décidé que 2020 serait l’année ou je passerais un cap. La suite nous la connaissons…. ! Durant la période sportive de vache maigre, je continuais à m’entrainer, avec des hauts et des bas, mais je gardais un bon rythme. Les courses étaient annulée les unes après les autres et le Munster Trail était devenu mon objectif de l’année. A mon retour de vacances fin août, j’ai donc repris l’entrainement de façon sérieuse sous le contrôle de Sébastien Spehler à qui j’ai demandé de me faire progresser de manière général mais surtout en montée, là où je suis clairement mauvais. Par le passé, j’avais déjà tenté un programme d’entrainement, mais ma vie était un chantier et à mon grand regret, je n’étais pas prêt… !Sur ce coup, et après avoir passé la ligne d’arrivée avec des sensations que je n’avais jamais connu, on peut dire que la préparation a porté ses fruits. En amont de la course, il m’était impossible de savoir où j’en étais physiquement. Les entrainements s’enchainaient sans trop de problèmes, mais il faut dire que mes journées sont très très remplies et que le plus dure pour moi était de respecter les phases de repos qui sont pourtant si importantes. Avant la course, j’avais vraiment peur de ne pas avoir de jambes car les derniers entrainements devenaient difficiles et cette semaine je me suis mis la pression car j’avais juste fait 50mn de footing. Finalement la course fût une réussite, dès le départ j’ai senti que j’évoluais à un autre niveau que d’habitude. J’avais l’impression de voler…. ! Je savais bien que j’allais redescendre sur terre à un moment de la course car j’ai clairement trop profité au début, mais j’ai la chance de me connaitre parfaitement et donc de savoir me gérer quand il faut.

🎤Alsace Running: De manière plus générale, quel type de coureur es-tu? 

🏃🏻‍♂️Philippe: Difficile de faire bref à cette question ! J’ai été skieur très jeune, également toujours sur un vélo, puis les sports mécaniques sont rentrés dans ma vie, plus précisément la moto sur piste que j’ai pratiqué à haut niveau plus de 20 ans. Parallèlement j’ai toujours été sportif et touche à tout, mais suite à une chute moto, une très grave blessure à la cheville droite est venue perturber ma vie. Triple fracture avec luxation (fracture malléole interne, externe, astragale et luxation de l’astragale plus quelques fractures aux métatarses). A ce moment j’avais 22 ans, j’ai eu de grosses complications et notamment de l’arthrose. Je rampais le matin en sortant du lit et mettais plusieurs minutes jusqu’à ce que j’accepte la douleur au moment où je mettais mon poids sur ma cheville. Idem le soir, si j’avais le malheur de me poser dans le canapé quelques minutes, je ne pouvais plus me relever. Deux années plus tard je retourne à l’hôpital de Nanterre (en béquille) voir mon chirurgien (celui qui s’occupait quasiment de tous les pilotes à l’époque) pour faire un bilan. Le verdict était sans appel, soit je continuais à vivre avec la douleur alors que j’étais encore très jeune, soit on bloquait l’astragale par ce qu’on appelle une arthrodèse avec les conséquences qui en découlent, soit plus de course à pieds….. Le temps d’appeler mes parents (en pleur) et partager cette situation, je me décide à passer sur le billard…. ! L’opération s’est bien passée même si un staphylocoque est venu perturber la guérison durant 6 mois. Me voici avec une cheville bloquée, qui malheureusement n’avait pas été « ressoudée » dans l’axe, mais avec l’espoir de ne plus vivre dans la douleur. Il m’a fallu quelques années pour retrouver l’envie, les sensations et savoir vers quel loisir sportif me diriger avec ce handicap, puis un jour je me suis dit qu’il fallait tout de même tenter la course à pieds. Les premiers essais furent rudes et douloureux. Petit à petit j’adaptais ma foulée à cette pathologie jusqu’à retrouver cette « niaque » qui me poussais à progresser et prouver à mon chirurgien qu’il avait tort d’avoir été catégorique quant à la pratique de certains sports. Contre toute attente, la course à pieds est donc devenu pratique courante, mais l’ultra trail seulement depuis 2015Pour les habitudes d’entrainement, je serais beaucoup plus bref…. Je n’en ai pas (du moins avant de suivre le programme de Seb)! Je faisais en fonction de mes envies, de mon timing avec d’autre activités et/ou obligations. Jusqu’à maintenant, je faisais tout et n’importe quoi. Quand j’étais commerçant il y a encore 2 ans, il m’arrivait de partir courir à minuit en rentrant du magasin. Mais ça c’était avant…..Le fait de suivre un programme me permet de libérer mon esprit pour d’autre activités et ainsi ne plus se mettre cette pression du ais-je assez couru cette semaine ou pas ? Assez vite ou pas ? Assez de kilomètres ou pas ? etc…

🎤Alsace Running: Quelle est ton rêve ultime de coureur? Pourquoi? 

🏃🏻‍♂️Philippe: A ce jour, je dirais que c’est une association de deux disciplines qui me fait rêver. Courir et voler est devenu une réelle intension. Voyager par la force musculaire et par les airs….plus communément appelé rando/vol. Pour résumer, tu cours jusqu’au sommet, puis tu t’envole jusqu’aux limites de ce que peut t’apporter les éléments météo du moment, tu atterri plus ou moins haut et tu recommence jusqu’à arriver à la destination que tu avais choisi. Pour la version course, je ne vois qu’une seule épreuve qui me ferait vraiment rêver, c’est la Red Bull X-Alps. L’épreuve se déroule sur 10 jours, parcours toutes les Alpes en débutant à Salzburg en Autriche et se termine à Monaco soit environ 1100 kilomètres. Seule les meilleurs athlètes mondiaux et polyvalents en rapport aux deux disciplines sont sélectionnés, donc autant dire que cela restera un rêve…… !

Merci Alsace Running pour cette interview, j’espère ne pas être rentré trop dans les détails, j’ai tenté de faire court….

Philippe souhaite remercier les personnes qui le soutiennent :

– Endurance Shop Colmar, qui me soutiennent depuis deux ans.

– Semc Distribution Sport a Mulhouse, qui est mon partenaire moto depuis 30 ans et qui me soutient encore maintenant à travers les marques qu’il distribue comme SIXS et FLY.

– Julbo, présent a mes cotés depuis déjà 6 ans.

– Thomann Agencement à qui je dois le très bel agencement du mon Van T4.

– Rid’air a Fellering, qui me permet de vivre ma nouvelle passion pour le parapente.

– Le CCA Rouffach pour qui je porte fièrement les couleurs.

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